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Les bois exotiques sont entre autres utilisés pour fabriquer les éléments exposés à l’humidité (mobilier de jardin, portes, fenêtres…) Certains portent le label FSC. De quoi s’agit-il ? Cette certification garantit une exploitation durable de la forêt avec un traitement équitable pour les populations autochtones et les forestiers locaux. C’est un gage de saine gestion sur toute la chaîne de distribution – forestier, exportateur, scieur et artisan. C’est aussi un label qualité appliqué en Europe sur les bois indigènes.

Bois exotique : 114 millions de m3 exploités par an
Cinq fois la surface de la Belgique, c’est le volume de bois tropical qui disparaît chaque année. Avec ses milliers d’espèces d’arbres différentes, la forêt tropicale constitue une immense richesse biologique. Outre les qualités indéniables d’imputrescibilité liées aux bois exotiques, la demande croissante pour les essences tropicales répond principalement à des critères de coût.

Malgré les distances et le transport, ces essences restent moins chères que nos bois indigènes en raison d’une main-d’œuvre bon marché et des facilités d’exploitation. Cet engouement pour le bois tropical a généré de nombreux excès depuis plusieurs décennies :
• surexploitation des forêts primaires qui contiennent les essences les plus anciennes,
• abattage d’arbres pour créer des pistes et des routes,
• déforestations sauvages – aussi bien en Afrique centrale, en Amazonie, qu’en Asie.

En Europe, les forêts vieillissent
Le bois constitue la matière première la plus importante en Suisse ; c’est le seul matériau de construction entièrement renouvelable par reboisement. Malgré un choix d’essences très large, on arrive au paradoxe suivant : toutes les forêts de la vieille Europe sont en surproduction ligneuse ; la croissance est plus importante que la demande. Une forêt sous-exploitée est une forêt qui vieillit. Les arbres s’affaiblissent et deviennent vulnérables aux attaques des insectes, des tempêtes ou des avalanches.

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La certification FSC :
une norme internationale
Face à la problématique de la surexploitation des bois exotiques, les milieux écologiques ainsi que des ONG* comme WWF, Greenpeace, les Amis de la Terre et World Ressources Institute ont souhaité apporter des solutions. C’est ainsi qu’a été créé en 1993 le FSC (Forest Stewardship Council) association internationale qui a mis en place un outil de certification destiné à favoriser la gestion durable des forêts sur la planète. Ce label FSC impose la prise en compte d’un inventaire forestier, des techniques de conservation et de reboisement, mais aussi la gestion et le maintien de la biodiversité. L’objectif est de garantir une exploitation forestière et une transformation du bois non nuisibles aux points de vue environnemental, social et économique.

Si 3 % seulement des forêts tropicales sont certifiées aujourd’hui, le label FSC se répand notamment en Europe au travers de ses dix-huit représentations nationales. FSC Suisse se fait fort de promouvoir la certification FSC auprès des consommateurs. En Suisse, près d’un quart des forêts sont déjà certifiées (291.000 ha). A l’échelle planétaire, ce sont 100 millions d’hectares de forêts qui ont obtenu cet agrément.

Pour faire contrepoids au label FSC, les milieux de l’économie forestière de onze pays, dont la Suisse, se sont regroupés afin de créer le PEFC (Programme for the Endorsement of Forest certification Schemes). D’autres organismes économiques ont suivi et mis au point leurs propres labels (Q, SFI, etc.). Il s’agit d’instaurer des normes davantage en adéquation avec les contraintes économiques et de production rencontrées sur le terrain.